8/18/2005

à travers les rues

dans chacune des villes où j'ai posé mon bagage, j'avais toujours trouvé un lieu plus familier qu'un autre. un lieu où mes pas me ramenaient comme une somnambule quand j'avais la tête ailleurs. un lieu pour réfléchir ou ne penser à rien, selon l'humeur.
durant les quatres années passées ici, je n'avais cessé de me voir comme une étrangère, et voilà qu'à parcourir les rues, bousculée par des inconnus, enfin je m'y sens apprivoisée.
la Montée du Change sera mon asile, j'y vois la terre, j'y vois le ciel, je m'échappe sur les toits, je me suspends aux fenêtres, je descends marche après marches sur les pavés lustrés.
ce lieu là sera mon point d'équilibre, adossée au muret qui s'arrache de la plus haute façade, j'observe, je suis aux aguets.
les escaliers hauts en découragent plus d'un, qui restent spectateurs, vissés dans l'ombre de la ruelle avant de disparaître dans la rue de la Juiverie.
ils sont peu qui osent s'y frotter.le martèlement de leur pas sur les marches m'est musique.


ici habite un chat blanc qui émerge de temps à autres d'une terrasse abandonnée, s'arrête, me regarde, s'installe ou suit des yeux une feuille à la dérive.
ici, le crayon court sur la feuille, sans efforts, le temps passe sans heurts.
la frénésie qui s'empare des rues du centre historique meurt devant le Temple ou pousse jusqu'aux quais.je vois passer les silhouettes au loin, mais j'échappe à leurs cris.


18 août, demain sera votre anniversaire: la joie du dessin m'est revenue, c'est le cadeau que vous m'avez fait.
les paroles échangées sur la nécessité de vivre aujourd'hui de ses passions auront porté leurs fruits.

que cette journée, passée je ne sais où, vous soit infiniment douce.