je retourne sur mes pas
j'ai 35 ans, je retourne sur mes pas,
la voiture avale la route qui remonte vers le nord, vers le froid,
je ne ferai pas de halte, je n'ai qu'un seul objectif,
retourner sur mes pas.
j'ai 35 ans.
le bourg commence plus tôt, les boutiques, les entrepôts ont fleuri,
je n'ai qu'un seul objectif,
je pousse le moteur dans la montée, la forêt m'attend en haut de la côte,
j'ai des fourmillements partout dans le corps, le coeur qui bat dans la gorge,
des immeubles ont remplacé les champs de blé,
la maison des tous mes cauchemars reste invisible, jusqu'au dernier moment.
j'ai 35 ans, je suis glacée,
je guette à droite et à gauche, comme un animal sauvage,
la maison apparaît grise et immense,
je passe mon chemin sans m'arrêter, je ne peux pas encore.
au détour d'un virage, je me gare sur le bas-côté,
je lutte pour reprendre mon souffle:
je n'ai qu'un seul objectif.
j'ai 35 ans, temps pour moi de regarder mes démons en face,
je reviens sur mes pas.
je vois d'abord la fenêtre qui était celle de ma chambre.
la maison est aveugle, portes et volets clos.
moi seule en connais le secret.
ils ont quitté le pays, retournés sur leurs propres traces,
mais leurs fantômes viennent battre à mes oreilles,
ils veillent sur la maison de mes cauchemars.
je dois me souvenir alors que je suis fière,
que je ne baisserai pas les yeux.
je n'ai qu'un seul objectif
je regarde comment le temps a fait son oeuvre,
comment il a rouillé, décrépi, envahi de ronces,
retiré toute vie de cette carcasse.
de l'autre côté du chemin, les pieds dans l'herbe folle
je suis debout et vivante.
je me suis interdit d'être amère, maintenant je respire calmement.
je prends l'appareil photo et je mitraille
je mitraille le portail rouillé, les volets qui gondolent, le verger envahi.
avec frénésie j'enferme tout sur le papier glacé.
pour ne plus avoir à me souvenir,
pour que personne n'oublie.
les immeubles gagnent sur la colline
bientôt il n'y paraîtra plus.
la voiture avale la route qui remonte vers le nord, vers le froid,
je ne ferai pas de halte, je n'ai qu'un seul objectif,
retourner sur mes pas.
j'ai 35 ans.
le bourg commence plus tôt, les boutiques, les entrepôts ont fleuri,
je n'ai qu'un seul objectif,
je pousse le moteur dans la montée, la forêt m'attend en haut de la côte,
j'ai des fourmillements partout dans le corps, le coeur qui bat dans la gorge,
des immeubles ont remplacé les champs de blé,
la maison des tous mes cauchemars reste invisible, jusqu'au dernier moment.
j'ai 35 ans, je suis glacée,
je guette à droite et à gauche, comme un animal sauvage,
la maison apparaît grise et immense,
je passe mon chemin sans m'arrêter, je ne peux pas encore.
au détour d'un virage, je me gare sur le bas-côté,
je lutte pour reprendre mon souffle:
je n'ai qu'un seul objectif.
j'ai 35 ans, temps pour moi de regarder mes démons en face,
je reviens sur mes pas.
je vois d'abord la fenêtre qui était celle de ma chambre.
la maison est aveugle, portes et volets clos.
moi seule en connais le secret.
ils ont quitté le pays, retournés sur leurs propres traces,
mais leurs fantômes viennent battre à mes oreilles,
ils veillent sur la maison de mes cauchemars.
je dois me souvenir alors que je suis fière,
que je ne baisserai pas les yeux.
je n'ai qu'un seul objectif
je regarde comment le temps a fait son oeuvre,
comment il a rouillé, décrépi, envahi de ronces,
retiré toute vie de cette carcasse.
de l'autre côté du chemin, les pieds dans l'herbe folle
je suis debout et vivante.
je me suis interdit d'être amère, maintenant je respire calmement.
je prends l'appareil photo et je mitraille
je mitraille le portail rouillé, les volets qui gondolent, le verger envahi.
avec frénésie j'enferme tout sur le papier glacé.
pour ne plus avoir à me souvenir,
pour que personne n'oublie.
les immeubles gagnent sur la colline
bientôt il n'y paraîtra plus.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home